Yakounet - Galorbe
Nemours 2013
Miracle de la vie... ou de la fermentation....

La naissance de Yakounet

Quel beau et merveilleux métier que celui de photographe ! Je ne parle pas du fait de vivre de sa passion en touchant 8000 euros par mois, ni des fêtes de Boloré, ni des voyages de luxe, ni même de la coke et des putes... mais seulement de pouvoir écrire en lettres de lumière les miracles de la vie : les rencontres durant les évènements, l'amour pendant les séances pornos et... la naissance d'un enfant !
Cette chance m'a été donnée dernièrement quand une famille m'a convié gentiment à photographier le plus be... le 18ème plus beau jour de leur vie de famille (nombreuse).
Comme le petit était pressé de se jeter dans la grande buvette de la vie, il n'a pas juger bon d'attendre une clinique rutilante mais a préféré un tout autre endroit plein de symboles : 
C'est une modeste étable qui fleurait bon la paille fraiche et le le jus de fruit fermenté qui a servi de salle d'accouchement... mais j'avouerai que l'adorable étable ressemblait quand même beaucoup plus à la terrasse d'un bouilleur de cru médiéval qu'à une cabane en plastique plantée sous un sapin de noel.
Comme dans ces cas là le calme, l'hygiène et la propreté sont de rigueur, seuls la famille et les amis proches étaient invités. C'est donc en petit comité d'une centaine de personne que ce beau moment à eu lieu, comme pour apprendre la discrétion et la modestie au chérubin.
La jeune maman, pleine de courage, de tenacité, d'alcool et de spaghettis-bolognaise (qu'elle fait fort bien) a su souffrir dignement pendant les 30 minutes de l'accouchement, aidée par le prêtre de sa paroisse toujours prèt à mettre la main à la pâte pour aider sa prochaine. Quelques amies aussi on fait office de sage-femmes, le bouilleur de cru s'est amicalement acquitté de son rôle de stérilisateur d'instruments ou de gosiers, et même les gens d'armes, ameutés par les hurlements (toujours discrets) de la maman (toujours courageuse), ont su délimiter le terrain pour éviter tout débordements.
30 mn de souffrance, soit 1800 secondes de respiration saccadée, soit la durée de vie de 8 litres d'alcool de prune, de 12 saucissons du Morvan ou l'équivalent de 24 positions prescrites par le moine-accoucheur qui n'en était pas à sa première naissance puisqu'il a accouché lui-même les 18 rejetons de sa première femme, auront suffit à allumer une nouvelle étincelle de vie, de passion et de soif intense.
Combien de contractions ont fait l'objet d'une danse de tire-bouchon ? Combien de mots d'amour ont été prononcés par la maman impatiente de voir sa descendance découvrir le monde ? (mots d'amour que la décence et la loi m'interdisent de nommer ici). Combien de larmes ont été versées par l'entourage, par la famille, par les musiciens, les dromadaires, les chevaux, jongleurs, acrobates et autres marchands de fromages venus soutenir cette belle famille pleine de bonheur et d'espérance (et de jus de fruit fermenté) ?
Et c'est donc dans cette modeste étable couverte de perle de rosée.... comment ? bon d'accord... 
c'est sur la petite terrasse d'une gargote moyen-âgeuse, au milieu des bouteilles de gnôle et d'hypocras, sous la lueur de l'étoile du berger guidant les âmes en détresse (un feu tricolore en l'occurrence), que les hurlements hystériq... que les soupirs de l'enfantement ont accompagnés la venue au monde d'un petit être humain, protégé par l'amour de sa mère, le regard bovin de son père et un bon centimètre de crasse.
Quoi de plus beau, de plus merveilleux qu'un petit être fragile, pur, propre encore de toutes les saletés de la vie, avec les yeux qui pétillent de joie comme le regard d'une vache devant le premier pissenlit du printemps ?
Comment ne pas succomber à ses premiers balbutiements quand il demande à têter le sein nourricier de la jolie demoiselle qui se trouvait au mauvais endroit au mauvais moment ? Et surtout, comme ne pas verser de larme en voyant l'étreinte du père, les yeux encore gonflés de larmes et de vin rouge, ne réussissant à exprimer sa joie et son soulagement que par grognements primaires et rôts odorants.
C'est donc ainsi que naquît Yakounet, petit enfant blond de 1m 82, 89 kilos, 3,2 gr d'alcool par litre de sang expirés, le regard de sa mère, les genoux de son père et bizarrement la grande gueule du moine-accoucheur.
Merci à la troupe des Gueux de S'mur et à Maistre Poulambic pour sa terrasse, le tout à la fête médiévale de Nemour 2013.

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